Musée Hébert, Isère
Le travail du temps joue dans le sens de CC quand il lui offre les chantiers de démolition des quartiers vétustes de la cité. Une usure qu’elle endosse dès l’instant où elle établit une connivence, un rapport subjectif avec l’impersonnelle rencontre de matériaux cassés, détachés, déchirés, marqués par les griffures et l’acharnement de la destruction. À la déshérence des lieux abandonnés, des rebuts, CC propose un regain de vie: de là, ses analectes du contexte urbain, d’objets en voie de disparition. Elle dit le possible renouvellement des « états dépassés » ou délaissés. Il y a chez elle cette démarche de l’émerveillement devant la chose trouvée, sortie de l’anonymat par son choix. Son regard fouille le sol toujours riche d’attente, d’imprévisibles mutations à opérer. Les strates édifiés, les pans de mur encore debout, la diversité des pièces, leur répartition en tapisseries, couleurs, formes, mu-tilées, l’autorisent à jouer sur la transposition, la transparence de sa mémoire.

Henri NESME,
fondation Hébert d’Uckermann 1992